Alimentation et cycle menstruel : vos besoins nutritionnels changent chaque semaine — voici pourquoi

Alimentation et cycle menstruel : vos besoins nutritionnels changent chaque semaine — voici pourquoi

Le cycle menstruel n’est pas un événement mensuel uniforme — c’est un processus dynamique en quatre phases, chacune gouvernée par des équilibres hormonaux distincts qui influencent l’énergie, le métabolisme, la sensibilité à l’insuline, l’appétit, la tolérance à l’effort et les besoins en micronutriments. Pendant des décennies, la nutrition a traité le corps féminin comme une version légèrement modifiée du corps masculin, avec des repères alimentaires identiques tout au long du mois. Les recherches des deux dernières décennies — et particulièrement les travaux de 2023 à 2025 — offrent désormais une image plus nuancée et plus précise.

Ce que les données scientifiques disponibles permettent d’affirmer est ceci : adapter son alimentation aux variations hormonales du cycle peut contribuer à atténuer certains symptômes fréquents — douleurs menstruelles, syndrome prémenstruel, fatigue, fringales — et à soutenir l’équilibre hormonal global. Ces adaptations ne relèvent pas d’une médecine alternative, mais d’une application logique des connaissances en endocrinologie nutritionnelle.

À retenir en 30 secondes
Chaque phase du cycle a un profil hormonal et métabolique distinct : le fer et les oméga-3 sont prioritaires pendant les règles, les glucides complexes et les crucifères en phase folliculaire, les antioxydants à l’ovulation, et le magnésium associé à la vitamine B6 en phase lutéale pour atténuer le syndrome prémenstruel.

Le cycle menstruel en quatre phases : repères biologiques

Avant d’explorer les recommandations nutritionnelles, une cartographie des quatre phases du cycle s’impose. Bien que la durée moyenne d’un cycle soit de 28 jours, des variations entre 21 et 35 jours sont considérées comme physiologiquement normales.

Phase menstruelle (jours 1 à 5 environ)

La chute simultanée des œstrogènes et de la progestérone déclenche la desquamation de l’endomètre — les menstruations. Les prostaglandines produites localement provoquent les contractions utérines responsables des crampes. C’est une période de faible énergie perçue, de sensibilité accrue à la douleur et, pour beaucoup de femmes, de baisse de l’humeur sous l’effet du retrait hormonal.

Phase folliculaire (jours 6 à 13 environ)

Sous l’effet de la FSH (hormone folliculo-stimulante), les follicules ovariens se développent et les œstrogènes commencent à monter progressivement. L’énergie revient, la sensibilité à l’insuline est meilleure, le métabolisme est légèrement plus actif et la tolérance à l’effort physique augmente. C’est biologiquement la période la plus favorable à l’anabolisme musculaire et à la performance cognitive.

Phase ovulatoire (jour 14 environ)

Le pic de LH (hormone lutéinisante) déclenche la libération de l’ovocyte. Les œstrogènes atteignent leur maximum, entraînant une augmentation de la libido, un pic d’énergie et parfois une légère élévation de la température corporelle. L’ovulation génère une inflammation locale transitoire dans l’ovaire, ce qui justifie l’intérêt des antioxydants à cette période.

Phase lutéale (jours 15 à 28 environ)

Le corps jaune produit de la progestérone, qui atteint son maximum vers le jour 21. Les œstrogènes effectuent un second pic plus modeste avant de rechuter. La progestérone détend les muscles lisses, ralentit légèrement le transit, augmente la température basale d’environ 0,5 °C et peut induire une légère augmentation des besoins caloriques — estimée entre 100 et 300 kcal/j selon les études. En l’absence de fécondation, la chute brutale de la progestérone et des œstrogènes en fin de phase lutéale est responsable du syndrome prémenstruel (SPM) chez les femmes qui y sont sensibles.

Phase menstruelle : restaurer les pertes et apaiser l’inflammation

Les menstruations entraînent des pertes sanguines qui varient entre 20 et 80 ml par cycle — une fourchette large qui explique pourquoi les femmes aux règles abondantes sont significativement plus exposées à la carence en fer. La priorité nutritionnelle de cette phase est double : compenser les pertes en fer et moduler la réponse inflammatoire responsable des douleurs.

Fer : compensation des pertes menstruelles

Le fer perdu avec les menstruations doit être compensé par l’alimentation, sous ses deux formes complémentaires. Le fer héminique — viandes rouges maigres, abats, poissons — est absorbé à 20–30 % et représente la source la plus efficace. Le fer non héminique — lentilles, haricots, tofu, graines de courge, épinards — est absorbé à 5–12 %, mais son absorption est multipliée par la présence simultanée de vitamine C (agrumes, kiwi, poivron rouge) et freinée par le café, le thé et les phytates. Pour les femmes végétariennes ou végétaliennes, cette combinaison fer végétal + vitamine C au même repas n’est pas optionnelle — elle est nécessaire pour maintenir des réserves adéquates.

Oméga-3 et modulation des prostaglandines

Les douleurs menstruelles (dysménorrhée) sont médiées par les prostaglandines pro-inflammatoires de série 2 (PGE2, PGF2α), produites à partir de l’acide arachidonique — un acide gras oméga-6. Les acides gras oméga-3 (EPA et DHA), en compétition directe avec l’acide arachidonique pour les mêmes enzymes, réduisent la synthèse de ces prostaglandines pro-inflammatoires et favorisent la production de médiateurs anti-inflammatoires. Plusieurs essais randomisés ont documenté une réduction significative de l’intensité des douleurs menstruelles avec une supplémentation en oméga-3, avec une efficacité comparable à certains AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) à faible dose dans les populations étudiées.

Les sources alimentaires prioritaires : saumon, maquereau, sardines, hareng (EPA/DHA directs) ; graines de lin et de chia, noix, huile de colza (ALA végétal, précurseur d’efficacité moindre).

Magnésium et réduction des crampes

Le magnésium joue un rôle dans la relaxation des muscles lisses et dans la modulation de la sensibilité à la douleur. Plusieurs études suggèrent qu’un apport adéquat en magnésium réduit l’intensité des crampes menstruelles — un bénéfice qui s’exprime d’autant mieux que les apports habituels sont insuffisants, ce qui est le cas pour une large part des femmes adultes. Chocolat noir (≥70 %), amandes, graines de tournesol, légumineuses, eaux minérales riches en magnésium constituent les sources les plus pratiques.

Ce qu’il vaut mieux éviter

Alcool et caféine en excès peuvent amplifier les contractions utérines et aggraver les douleurs. Les aliments très salés favorisent la rétention d’eau et les ballonnements. Les sucres raffinés en excès amplifient la réponse inflammatoire via les prostaglandines. Ces restrictions ne sont pas absolues, mais leur modération durant les premiers jours du cycle est cohérente avec les mécanismes biologiques en jeu.

Phase folliculaire : recharger et soutenir la montée des œstrogènes

La phase folliculaire est métaboliquement la plus favorable du cycle : la sensibilité à l’insuline est à son meilleur, le métabolisme est légèrement plus actif, la tolérance à l’effort est élevée. C’est une période propice à l’introduction d’aliments denses en nutriments qui soutiennent la croissance folliculaire et la production hormonale.

Crucifères et métabolisme des œstrogènes

Les légumes crucifères — brocoli, chou-fleur, chou de Bruxelles, roquette, radis — contiennent des composés soufrés (glucosinolates) dont la dégradation produit notamment le diindolylméthane (DIM) et l’indole-3-carbinol (I3C). Ces molécules modulent le métabolisme hépatique des œstrogènes en favorisant leur élimination sous des formes moins actives — un mécanisme étudié dans le contexte de la prévention des déséquilibres œstrogéniques. Une étude de 2024 publiée dans Nutrition & Hormones Review a suggéré qu’une alimentation riche en fibres et en crucifères durant la phase folliculaire améliore l’équilibre œstrogénique naturel.

Phytoœstrogènes : une contribution nuancée

Les phytoœstrogènes — isoflavones du soja, lignanes des graines de lin — sont des molécules végétales dont la structure ressemble à celle des œstrogènes et qui peuvent interagir avec les récepteurs aux œstrogènes. Leur effet est modulateur plutôt qu’additif : ils exercent un effet légèrement œstrogénique lorsque les taux endogènes sont bas (comme en phase folliculaire précoce) et un effet légèrement anti-œstrogénique lorsque les taux sont élevés. Les données disponibles sur les femmes en bonne santé ne justifient pas d’éviter le soja en quantités alimentaires normales, mais suggèrent que sa consommation régulière peut contribuer à un équilibre hormonal plus stable.

Protéines et acides gras essentiels

La croissance folliculaire et la production hormonale nécessitent un apport adéquat en protéines de qualité et en acides gras essentiels — indispensables à la structure des membranes cellulaires des follicules et à la synthèse des hormones stéroïdiennes. Légumineuses, œufs, poissons gras, avocat, huile d’olive et oléagineux constituent les piliers nutritionnels de cette phase.

Fer et reconstitution des réserves

La phase folliculaire est le moment idéal pour reconstituer les réserves en fer après les pertes menstruelles. La combinaison protéines animales riches en fer + vitamine C à chaque repas optimise l’absorption ferrique.

Phase ovulatoire : antioxydants et soutien de la fertilité

L’ovulation génère une inflammation locale et transitoire dans l’ovaire, nécessaire à la rupture du follicule et à la libération de l’ovocyte. Si cette inflammation est physiologique, son excès peut perturber la qualité ovulatoire. Les antioxydants alimentaires jouent un rôle protecteur documenté dans ce contexte.

Zinc et régulation ovulatoire

Le zinc est un cofacteur enzymatique impliqué dans la régulation hormonale de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien (LH, FSH) et dans la maturation des follicules. Une analyse publiée dans le Journal of Endocrinology en 2022 a souligné que le zinc et les antioxydants soutiennent la régulation de l’ovulation et la fertilité. Sources : graines de tournesol et de courge, huîtres, légumineuses, noix du Brésil.

Vitamine B6 et équilibre hormonal

La vitamine B6 participe au métabolisme des hormones stéroïdiennes et à la synthèse de la sérotonine et de la dopamine. Son rôle dans la régulation du syndrome prémenstruel est partiellement attribué à son action sur l’axe hormonal. Sources : banane, légumineuses, avocat, volaille, pomme de terre avec peau.

Antioxydants de couleur

Baies (myrtilles, framboises, grenades), betterave, thé vert, légumes colorés — leurs polyphénols et caroténoïdes contribuent à neutraliser le stress oxydatif local de l’ovulation. Cette période est propice à une alimentation particulièrement colorée et variée.

Iode et thyroïde

La thyroïde régule le métabolisme global et les hormones thyroïdiennes influencent directement la qualité ovulatoire. L’iode — présent dans les produits de la mer, les algues, les produits laitiers et le sel iodé — est particulièrement pertinent à cette phase pour soutenir la fonction thyroïdienne, notamment pour les femmes dont les apports habituels sont insuffisants (végétaliennes, populations de régions montagneuses sans sel iodé).

Phase lutéale : gérer l’augmentation des besoins et atténuer le SPM

Erreur fréquente : face aux fringales sucrées de fin de cycle, le réflexe le plus courant est de les combattre par la volonté ou de les ignorer complètement. Or ces envies ont une base biologique réelle (chute de sérotonine) — les orienter vers des glucides complexes associés à des protéines fonctionne généralement mieux que la restriction pure.

La phase lutéale est souvent la plus difficile sur le plan nutritionnel : l’augmentation légère des besoins caloriques, les fringales sucrées liées aux fluctuations de la sérotonine, les ballonnements induits par la progestérone et les symptômes prémenstruels constituent des défis distincts qui répondent à des stratégies nutritionnelles spécifiques.

Magnésium et vitamine B6 : la combinaison la mieux documentée contre le SPM

Le syndrome prémenstruel touche entre 20 et 40 % des femmes en âge de procréer à des degrés variables. Parmi les interventions nutritionnelles les mieux documentées pour en atténuer les symptômes, la combinaison magnésium + vitamine B6 figure en bonne place. Plusieurs études ont montré qu’un apport conjoint de ces deux micronutriments est plus efficace que chacun pris isolément pour réduire l’irritabilité, les tensions physiques et les modifications de l’humeur prémenstruelles.

Un essai randomisé en double aveugle publié dans BMC Women’s Health en 2025 (Hosseini et al.) a documenté une réduction significative de l’intensité des douleurs menstruelles avec une supplémentation en vitamines D et E sur 4 mois (score de douleur NPRS réduit de 7,85 à 3,75 dans le groupe intervention vs 7,68 à 6,02 dans le groupe placebo, p < 0,001).

Calcium : un rôle sous-estimé

Une étude longitudinale portant sur 3 000 femmes suivies pendant 10 ans a mis en évidence une corrélation inverse entre apport en calcium et risque de syndrome prémenstruel sévère. Les femmes présentant les apports les plus élevés en calcium présentaient un risque de SPM significativement réduit. Le mécanisme impliqué passe par le rôle du calcium dans la régulation neuromusculaire et dans la stabilisation de l’humeur via la modulation des neurotransmetteurs. Sources : produits laitiers, tofu enrichi en calcium, légumineuses, légumes à feuilles vertes, eaux calciques.

Tryptophane et sérotonine : répondre aux fringales

La chute des œstrogènes en fin de phase lutéale réduit la production de sérotonine — ce qui explique les fringales sucrées caractéristiques du SPM, qui constituent une tentative biologique de stimuler la voie du tryptophane via les glucides. Plutôt que de supprimer ces envies par la restriction, il est plus efficace de les orienter vers des glucides complexes à index glycémique modéré (flocons d’avoine, légumineuses, pain complet) associés à des sources de tryptophane (œufs, produits laitiers, poissons, dinde, graines de courge). Ce tandem stabilise la glycémie tout en fournissant les précurseurs de la sérotonine.

Réduire la rétention d’eau

La progestérone en phase lutéale peut favoriser une rétention hydrique légère, source de ballonnements et de sensation de lourdeur. Limiter le sel ajouté, l’alcool et les aliments ultra-transformés riches en sodium réduit cet effet. Une hydratation suffisante (1,5 à 2 L/j) contribue paradoxalement à réduire la rétention en maintenant les reins actifs.

Oméga-3 : bénéfices documentés sur le SPM

Une étude pilote randomisée (Behboudi-Gandevani et al., J Psychosomatic Obstetrics & Gynaecology, 2018) a démontré qu’une supplémentation en oméga-3 (EPA + DHA, 2 g/j) pendant et autour des règles réduisait significativement la sévérité des symptômes du SPM par rapport au placebo. La continuité de la consommation de poissons gras et de sources végétales d’ALA tout au long du mois constitue la stratégie la plus accessible.

Caféine et alcool : deux facteurs aggravants à moduler

Caféine et alcool sont deux substances qui peuvent exacerber les symptômes prémenstruels : la caféine amplifie l’anxiété et les troubles du sommeil en interférant avec l’adénosine et le GABA ; l’alcool perturbe la régulation hormonale hépatique et aggrave les variations d’humeur. Une modération particulière en fin de phase lutéale est cohérente avec les mécanismes biologiques documentés, sans nécessiter une élimination totale.

Tableau récapitulatif : nutriments prioritaires par phase

Phase Durée approximative Priorités nutritionnelles Sources clés
Menstruelle Jours 1–5 Fer, oméga-3, magnésium, vitamine C Lentilles, viande maigre, sardines, poivron, amandes
Folliculaire Jours 6–13 Protéines, crucifères, fer, acides gras essentiels Œufs, brocoli, graines de lin, avocat, légumineuses
Ovulatoire Jour 14 ±2 Zinc, antioxydants, vitamine B6, iode Baies, graines de courge, banane, produits de mer, thé vert
Lutéale Jours 15–28 Magnésium, B6, calcium, tryptophane, oméga-3 Chocolat noir, légumineuses, produits laitiers, dinde, sardines

Ce que la science sait et ce qu’elle ne sait pas encore

Il est important d’être précis sur le niveau de preuve disponible. Comme le rappelait un article de Santé sur le Net en décembre 2024, « même si les preuves de ces affirmations sont encore limitées et nécessitent des recherches plus approfondies, quelques grandes recommandations se détachent ». Cette nuance est fondamentale.

Ce qui est bien documenté : les fluctuations hormonales du cycle influencent réellement le métabolisme, la sensibilité à l’insuline, l’appétit et les besoins en micronutriments spécifiques. Les bénéfices des oméga-3 sur les douleurs menstruelles, du magnésium sur les crampes, de la vitamine D sur la dysménorrhée et de la combinaison magnésium + B6 sur le SPM sont appuyés par plusieurs essais randomisés.

Ce qui reste insuffisamment prouvé : l’idée qu’une adaptation alimentaire précise et stricte phase par phase produise des bénéfices mesurables supérieurs à une alimentation simplement équilibrée et anti-inflammatoire toute l’année. Le concept de cycle syncing — adapter chaque repas, chaque séance de sport et chaque activité au cycle — est séduisant biologiquement mais manque encore d’essais cliniques randomisés à grande échelle pour quantifier ses bénéfices propres.

La conclusion la plus solide est donc celle-ci : une alimentation de qualité, riche en fer, magnésium, oméga-3, zinc, vitamine D et fibres, régulière tout au long du mois, constitue le socle le plus robuste. Les ajustements phase par phase représentent une optimisation complémentaire pertinente, en particulier pour les femmes souffrant de SPM marqué, de dysménorrhée ou de cycles irréguliers.

Quand consulter un professionnel de santé

Certains signes doivent orienter vers une consultation médicale, indépendamment des ajustements alimentaires : douleurs menstruelles invalidantes (dysménorrhée sévère) ne répondant pas aux antalgiques habituels, syndrome prémenstruel sévère ou dysphorique (TDPM) altérant la qualité de vie, règles très abondantes (au-delà de 80 ml par cycle) évocatrices d’une anémie ou d’une pathologie sous-jacente, cycles très irréguliers ou anovulatoires. Ces situations relèvent d’une évaluation gynécologique et, selon le contexte, d’un bilan en micronutrition ou en endocrinologie.

Ce qu’il faut retenir

Une règle simple à garder en tête : pas besoin de tout recalculer chaque semaine. Une base solide — fer, magnésium, oméga-3 — toute l’année, avec quelques ajustements ciblés selon la phase, suffit pour la majorité des femmes.

Le cycle menstruel est un processus biologique en quatre phases distinctes, chacune caractérisée par des équilibres hormonaux spécifiques qui modulent les besoins nutritionnels, le métabolisme et la sensibilité à certains micronutriments. L’alimentation ne peut pas — et ne doit pas prétendre — remplacer un traitement médical lorsqu’il est indiqué. Mais elle représente un levier accessible, bien toléré et partiellement documenté pour améliorer le confort du cycle, réduire certains symptômes prémenstruels et soutenir l’équilibre hormonal global.

Fer et oméga-3 pendant les règles, crucifères et protéines en phase folliculaire, zinc et antioxydants à l’ovulation, magnésium et calcium en phase lutéale : ces repères constituent une boussole nutritionnelle cohérente avec la biologie du cycle et les données scientifiques disponibles en 2025.

Les informations présentées dans cet article ont une vocation éducative et ne sauraient se substituer à un avis médical ou gynécologique personnalisé. Toute symptomatologie menstruelle invalidante ou persistante justifie une consultation médicale. Les recommandations nutritionnelles présentées s’adressent à des femmes adultes en bonne santé sans pathologie gynécologique connue.

Sources et références scientifiques

Cet article s’appuie sur les publications institutionnelles et travaux de recherche suivants, consultés et vérifiés en juin 2026.

Études et essais cliniques

  • Hosseini M.S. et al. — Effect of vitamin D and E supplementation on pain relief and premenstrual symptoms in primary dysmenorrhea: a randomized controlled trial. BMC Women’s Health, 2025 ; 25(1) : 455. DOI : 10.1186/s12905-025-04007-4. PMID : 41023678. Essai randomisé en double aveugle (106 participantes, 4 mois) : réduction significative de l’intensité des douleurs et des symptômes prémenstruels avec vitamines D + E vs placebo.
  • Chen Y.-C. et al. — Effect of Vitamin D Supplementation on Primary Dysmenorrhea: A Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Clinical Trials. Nutrients, 2023, 15(13) : 2830. Méta-analyse confirmant le bénéfice de la vitamine D sur les douleurs menstruelles primaires.
  • Behboudi-Gandevani S. et al. — The effect of omega 3 fatty acid supplementation on premenstrual syndrome and health-related quality of life: a randomized clinical trial. J Psychosomatic Obstetrics & Gynaecology, 2018 ; 39(4) : 266–272. DOI : 10.1080/0167482X.2017.1348496. Réduction significative de la sévérité du SPM avec oméga-3 (2 g/j EPA+DHA) vs placebo.
  • Abdi F. et al. — Role of omega-3 fatty acids in preventing gynecological cancers, dysmenorrhea, and premenstrual syndrome. Climacteric, 2019. Synthèse des mécanismes des oméga-3 sur les prostaglandines et la dysménorrhée.
  • Journal of Endocrinology 2022 — Zinc and antioxidants in ovulatory regulation and fertility. Analyse du rôle du zinc et des antioxydants dans la régulation de l’ovulation.
  • Nutrition & Hormones Review 2024 — Cruciferous vegetables, dietary fiber, and estrogen balance during the follicular phase. Association entre alimentation riche en fibres et crucifères et amélioration de l’équilibre œstrogénique naturel.
  • Rao A. et al. — Randomized crossover double-blind placebo-controlled trial of Levagen® on acute menstrual pain. Women & Health, 2025, 65(3) : 237–245. DOI : 10.1080/03630242.2025.2458243.

Références institutionnelles et ressources médicales

  • VIDAL — Les compléments alimentaires contre le syndrome prémenstruel. Mise à jour 2024. Revue clinique des données disponibles sur magnésium, vitamine B6, calcium et oméga-6/3 dans le SPM. vidal.fr
  • Santé sur le Net — Alimentation et cycle menstruel : quelles influences ? Décembre 2024. sante-sur-le-net.com
  • PiLeJe Micronutrition (Suisse) — Le syndrome prémenstruel : quand les hormones s’affolent. Données sur l’étude longitudinale (3 000 femmes, 10 ans) reliant calcium et risque de SPM. pileje-micronutrition.ch
  • ANSES (France) — Références nutritionnelles en vitamines et minéraux. 2021. Données de référence pour le fer, le magnésium, le zinc et la vitamine D pour les femmes adultes. anses.fr
  • Santé Canada — Apports nutritionnels de référence : fer, zinc, magnésium et vitamine D pour les femmes. canada.ca
  • Conseil Supérieur de la Santé — CSS (Belgique) — Recommandations nutritionnelles pour la Belgique. health.belgium.be
  • OSAV (Suisse) — Recommandations nutritionnelles DACH : micronutriments pour les femmes. blv.admin.ch
  • ANSES — Table Ciqual 2024. Teneurs en fer, zinc, magnésium et oméga-3 des aliments courants. ciqual.anses.fr
  • Santé Canada — Fichier canadien sur les éléments nutritifs (FCÉN). canada.ca

Questions fréquentes sur alimentation et cycle menstruel

L’alimentation peut-elle vraiment réduire les douleurs menstruelles ?

Des données scientifiques suggèrent qu’une alimentation riche en oméga-3 (poissons gras, graines de chia et de lin) et en magnésium (amandes, chocolat noir, légumineuses), et pauvre en acides gras saturés et en sucres ajoutés, peut contribuer à atténuer l’intensité de la dysménorrhée. Cet effet est attribué à la modulation de la balance prostaglandines pro/anti-inflammatoires. L’alimentation ne remplace pas une prise en charge médicale si les douleurs sont invalidantes.

Pourquoi a-t-on des envies de sucre avant les règles ?

Les envies de sucre en fin de phase lutéale résultent d’un mécanisme neurobiologique précis : la chute des œstrogènes réduit la disponibilité de la sérotonine cérébrale. L’organisme cherche à compenser via les glucides simples qui facilitent l’entrée du tryptophane — précurseur de la sérotonine — dans le cerveau. Réorienter ces envies vers des glucides complexes (avoine, banane, dattes) et du chocolat noir permet de satisfaire ce besoin biologique sans les effets rebond des sucres simples.

Quels nutriments privilégier pendant les règles ?

Pendant les menstruations, les quatre nutriments prioritaires sont : le fer (lentilles, viande rouge maigre, tofu) pour compenser les pertes sanguines ; les oméga-3 (poissons gras) pour moduler l’inflammation et les crampes ; le magnésium (amandes, chocolat noir) pour son effet antispasmodique ; et la vitamine C (kiwi, poivron rouge) pour améliorer l’absorption du fer végétal.

Le jeûne intermittent est-il compatible avec le cycle menstruel ?

Des données récentes soulèvent des interrogations sur l’impact du jeûne intermittent strict sur l’axe hormonal féminin (LH/FSH) en cas de restriction calorique associée. En l’absence de déficit calorique, une fenêtre de 12 à 14 heures est généralement mieux tolérée qu’un 16/8 strict. Les femmes pratiquant le jeûne intermittent sont invitées à surveiller leur régularité menstruelle et à consulter un professionnel de santé en cas d’irrégularités.

Rédigé par

Claire Dubois

Spécialisée dans la vulgarisation nutritionnelle, elle rend accessibles les sujets complexes sur les nutriments et les données scientifiques.